Le contexte historique

John Levee

Au XXème siècle, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, le monde a plongé dans l’horreur avec la deuxième guerre mondiale et son lot d’atrocités, ses visions d’apocalypse et de destructions, les déplacements de populations, la déportation et l’extermination de millions de juifs.

En 1942 John Levee a 18 ans, il sait ce qui se passe en Europe ; après avoir fait des études dans le domaine des beaux-arts il aurait pu continuer à servir les Etats Unis sur place à Los Angeles. Il se comporte alors en héros " Ma famille a fui au XIXème siècle les pogroms d'extermination des juifs en Ukraine, je ne peux pas laisser recommencer ces atrocités". Il décide alors de se former comme Pilote, il s’engage dans l’US Air Force et se fait former pilote pour libérer l’Europe comme des millions d’Américains. Au début de sa formation il sera basé au CAIRE et réalisera des vols vers Karachi, puis après cette solide formation, il est obtient sa qualification en tant que pilote de B 29 lors du débarquement en 1945. Le Boeing B-29 Superfortress qui est un bombardier lourd quadrimoteur à hélices et à long rayon d'action utilisé par les États-Unis lors du conflit.

Après la guerre, fêté en héros, les compagies aériennes américaines lui ont proposé d'être pilote de ligne, mais l'art était sa passion, il a alors rejoint New-York pour finir ses études artistiques et obtenir un master en Philosophie. Puis en 1949 avec de nombreux peintre américains il rejoint Paris où il s'installera définitivement.

Comme le rappelait le Président Valéry Giscard d’Estaing : « les sociétés qui oublient le devoir de mémoire sont appelées à disparaître » : n’oublions jamais que sans la présence des américains, des anglais, des canadiens et des alliés aux cotés du Général de Gaulle, l’Europe aurait sombré dans les ténèbres.

Le Musée des Beaux-Arts de la ville de Saint- Lô en 2004, dans le cadre des fêtes du soixantième anniversaire du « D-Day », a invité trois artistes peintres américains vivant à Paris ont qui débarqué en Normandie en 1944.

Joe Downing, John Levee, John-Franklin Koenig ont respectivement servi dans l’Infanterie, l’US Air Force et les chars.

Dans l’immédiat après-guerre, bénéficiant d’une bourse d’études, ils ont décidé de se fixer en France. Ils participent alors au renouveau de l’art moderne des années 50.

Sur le plan historique tout avait commencé à New York qui est devenu au XXème siècle le berceau de l’art moderne grâce à la force des collectionneurs, des institutions privées et du Gouvernement Américain : durant l’entre-deux-guerres, on voit ainsi apparaître la Fondation Salomon Guggenheim, puis le Museum of Modern Art créé en 1929 et le Whitney Museum en 1931.

Les artistes qui fuient l’Europe à la veille et pendant la seconde guerre mondiale trouvent refuge dans cette ville fascinante et étonnante qui avait vu le scandale déclenché par Marcel Duchamp à l’Armory Show par son tableau le Nu descendant l’escalier.

John Levee

On y retrouve ainsi les surréalistes Max Ernst, André Masson, André Breton, les peintres Juan Miró, Fernand Léger, Piet Mondrian ou encore Marc Chagall qui trouvèrent dans cette liberté nouvelle leur inspiration.

Les rencontres avec les peintres américains s’intensifient jusqu’à donner naissance à une avant-garde durant l’après-guerre.

Ainsi est né l’expressionnisme abstrait (1946–1960) d’ailleurs appelé école de New York. S’y côtoient Clifford Still, Jackson Pollock, Franz Kline, Adolph Gottlieb, William Baziotes, Hans Hofmann, Robert Motherwell, Mark Rothko, Willem De Kooning, Richard Diebenkorn, Stuart Davies, John Levee et David Smith .

Malgré des techniques et des styles d’écriture différents (action painting, dripping, color field), on retrouve comme dénominateur commun une forme d’abstraction sensuelle et violente à la fois, généreuse, où les œuvres sont les représentations, le prolongement et la charge émotionnelle de la psychologie de leur créateur.

Cette jeune génération d’artistes américains après avoir découvert la liberté subversive du surréalisme a eu besoin d’inventer une écriture libre s’opposant aux rigueurs du cubisme. Ils ont créé un mouvement authentique dans l’histoire de l'art du XX ème siècle : véritable mode de représentation qui privilégie la gestuelle de l'artiste et la manifestation de son énergie existentielle.

Le MOMA (Museum Of Modern Art de New York) consacrait John Levee dans les années 50 par l’achat dans ses collections d’un dessin de 1955 visible sur le site Internet du MOMA :

http://www.moma.org/collection/browse_results.php?object_id=35792

On peut voir également une oeuvre des années 50 de John Levee dans les collections du Whitney Museum. qui a exposé John Levee en 1957 - 1959 et 1965 lors de l'Anuual Exhibition en compagnie des plus grands artistes américains Robert Rauschenberg, Adolph Gottlieb, Jasper Johns, Frank Stella, Ellsworth Kelly, Robert Indiana, Joan Mitchell, Willem de Kooning, Roy Lichtenstein, Robert Motherwell -

Le parcours muséal de John Levee est impressionnant, il est le garant d’une œuvre solide, reconnue qui s’inscrit dans l’histoire de l’art.

On peut le rattacher sur le plan historique à l’expressionnisme abstrait pour les œuvres de 1950 à 1970.

Dans les années 70-80 John levee pensait qu’il fallait dit-il « arriver à être plus discipliné dans la création », d’où la naissance de cette époque Hard Edge ou constructiviste et géométrique de son œuvre qui a précédé et généré l’écriture que l’on connaît actuellement. L’expressionnisme abstrait de john Levee a gardé de cette époque une certaine construction dans les œuvres.

John Levee fait partie de la seconde école de Paris qui est en train de revenir sur le devant de la scène artistique mondiale. L’art a t’il besoin du recul nécessaire de cinquante années pour conceptualiser un mouvement ? Il est certain que sur le plan du marché, la cote de ces artistes va considérablement s’apprécier dans les années à venir.

Il m’est apparu important pour ce premier livre sur John Levee et ce Catalogue Raisonné sur internet, de commencer par établir une biographie complète, base indispensable à la compréhension de l’œuvre de cet artiste dont on ressent au contact de ses créations la rigueur et la pureté intellectuelle inhérentes à un homme de qualité.

Je remercie particulièrement John Levee qui m’a accordé sa confiance et son amitié en me nommant expert pour son œuvre et tous les collectionneurs dont les œuvres de l’artiste sont reproduites dans le livre John Levee Biographie "L'expressionnisme Abstrait".

Je voudrais rendre hommage particulièrement à Emmanuel David qui m’a fait réfléchir sur l’analyse et la vision d’une œuvre d’art, René Huyghe de l’Académie Française écrivain et Conservateur du Musée du Louvre et son épouse Lydie Huyghe qui m’ont fait découvrir et aimer le dessin ancien, et réfléchir sur le sens de l’art moderne.

Leur immense savoir m’a toujours fait penser qu’il fallait avoir vécu plusieurs vies pour posséder cette connaissance suprême de *«l’art et de l’âme».

Patrick Reynolds

* «L’art et l’âme» de René Huyghe éditeur Flammarion 1960

 

 

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