Exposition Kevin Lucbert Maison des Arts Châtillon

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De l'autre côté du miroir
Exposition Du 5 avril au 25 juin 2024
Maison des Arts
11 rue de Bagneux
92320 Châtillon
01 40 84 97 11
Maisondesarts(at)chatillon92.fr
https://www.maisondesarts-chatillon.fr/
Entrée libre, du mardi au dimanche de 14h à 18h
Kevin Lucbert De l'autre côté du miroir

 

Né en 1985 à Paris. Vit et travaille entre Berlin et Paris.

Kevin Lucbert est diplômé en 2008 de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Lors de ses études il se lie d'amitié avec Yann Bagot et Nathanaël Mikles. Ensemble ils créent le collectif artistique Ensaders et participent régulièrement à des performances, expositions et conduit des workshops de dessin. En parallèle il travaille pour The New York Times, Télérama, Les Échos, le groupe de presse Mondadori ou encore Starbucks, Hermès ou BIC, qui a récemment acquis quelques un de ses dessins pour leur collection d'art contemporain. En 2018, les œuvres de la collection BIC sont exposées au 104 à Paris, parmi lesquelles, celles de Lucbert.

Inspiré par de multiples sources, Maurits Cornelis Escher, Alfred Kubin, Philippe Mohlitz ou Les Cités Obscures de Schuitten et Peeters, Lucbert a développé une création unique dans laquelle il explore un monde parallèle, un univers absurde qui lui est propre. Dans sa série Blue Lines réalisée au stylo BIC bleu, il explore des paysages surréalistes et des compositions frontales et imaginaires. Ses œuvres traduisent un monde spatial et rêveur.

« Démiurge-Rêveur-Conteur » - texte de Coline Deltreil

Kevin Lucbert n’oublie pas ses rêves. Il les dessine et se divertit des limites du monde conscient. Tel un démiurge, il invente des espaces, éprouvant ainsi notre propension à percevoir la réalité en nous et loin de nous. Le sommeil paradoxal et ses productions oniriques alimentent la source d’inspiration de l’artiste qui nous ouvre les portes de ses songes et nous invite à survoler les univers qu’il élabore. Kevin Lucbert compose d’étranges et minutieux agencements d’espace, démultiplie les perspectives, unit ellipses et tracés denses sur fond de paysages d’immensité où le prisme de la ligne devient langage. Son œuvre surplombe le visible.

Armé de son stylo à bille capable de parcourir 2km de « pages blanches », il planifie, construit et amplifie des paysages qui se situent quelque part entre le connu et l’inconnu, entre la réalité et l’imaginaire. Les formes organiques de la nature côtoient l’orthogonalité du bâti dans un équilibre surréaliste juste. Kevin Lucbert décloisonne les frontières du dessin et de la peinture, de l’écriture et de l’image. Il nous insuffle une envie irrépressible de gribouiller en rêvant, de détourner l’objet usuel de sa fonction première, de le réinventer en médium de création.

Comme nos rêves, les dessins médiumniques de Kevin Lucbert ont mille et une interprétations possibles. Il confie à ses traits et à ses graphismes la charge de révéler une situation traitant d’une immersion dans son monde intérieur, d’un voyage dans le temps, d’une fuite entre les lignes. Pour un grand nombre de créateurs, peindre c’est transformer ce qu’ils connaissent. Les œuvres de Kevin Lucbert dialoguent avec l’environnement, avec les forces naturelles que sont le soleil, l’eau, la terre et le ciel, propres à déclencher une vision spécifique de l’espace. Psychiques et matériels, ses territoires picturaux revendiquent également l’intégration du savoir actuel aux mythes universels, tels des parcours initiatiques sur lesquels l’artiste nous guide.

Citoyen du monde, Franco-Berlinois, hors territoire - comme les labyrinthes imaginés par Jorge Luis Borgès - son vrai lieu de résidence est ailleurs : dans ses œuvres vouées à une cosmogonie personnelle dont les axes impliquent des horizons affirmés. En dessinant, il fait advenir les formes et les pensées qui l’accompagnent dans ces dédales remplis d’issues vers des territoires inconnus. C’est cet inconnu qui donne un sens à son œuvre. Pour saisir la subtilité de son univers, il est nécessaire de s’immerger dans l’espace qui se trame entre les lignes. Cet ailleurs n’a ni commencement ni fin, mais il crée des mesures au fil des séries, des points de repère, des échanges entre plusieurs dimensions, comme si, à travers leur approche, il nous était offert de devenir les explorateurs de ses lignes colorées, vagabonds de l’univers projeté.

Texte de Coline Deltreil