LA GALERIE NATALIE SEROUSSI présente la femme visible

Exposition d'art

 

GALERIE NATALIE SEROUSSI
http://www.natalieseroussi.com/
34 rue de Seine, 75006 Paris
T : +33 (0)1 46 34 05 84
galerie(at)natalieseroussi.com

La femme visible exposition 24 nov. – 14 janv. 2017
La galerie natalie seroussi présente « La femme visible », exposition sur l’identité féminine des années 1930 jusqu’aux années 1970, période charnière quant à la reconnaissance des femmes dans le milieu artistique.

Confrontant regard masculin et féminin à travers les époques et les postures - de muse à artiste - «la femme visible» offre un foisonnement de points de vue permettant de rendre compte de sa représentation.

Tour à tour égérie chez Man Ray et Dali, objet de fantasme chez Hans Bellmer, provocatrice chez Picabia, figure politique chez Martha Rosler ou encore corps cyborg chez Kiki Kogelnik, la femme apparaît comme la pièce maitresse des changements culturels et sociaux.

Clovis Trouille Franciscaine de Sainte Marie des Anges, 1945  huile sur toile 61 × 46,5 cm  Courtesy Galerie Natalie SEROUSSI

Clovis Trouille
Franciscaine de Sainte Marie des Anges, 1945
huile sur toile 61 × 46,5 cm
Courtesy Galerie Natalie SEROUSSI

Man Ray, Dora Maar, 1935, tirage argentique d’époque solarisé, 8,4 x 6,4 cm
Man Ray, Dora Maar, 1935, tirage argentique d’époque solarisé, 8,4 x 6,4 cm
Salvador Dalí, La femme visible, La chasse aux papillons, 1930, encre sur papier collé sur carton, 27,8 x 22 cm

Salvador Dalí, La femme visible, La chasse aux papillons, 1930, encre sur papier collé sur carton, 27,8 x 22 cm
Ce dessin à l’encre de chine de Salvador Dalì» la chasse aux papillons» est l’un des dessins conçu pour son livre «La femme visible» parut en 1930 aux Éditions Surréalistes où il montre les fondements de la méthode paranoïaque- critique.

Les cinq personnages présents dans ce dessin créent une sensation de malaise face à cette chasse aux papillons d’un genre étrange.
Nous retrouvons ici des thèmes chers à l’artiste, le rêve et la sexualité.
Artiste visionnaire et exubérant, Dali est passionné par Gala. Une muse complexe est née, tour à tour érotique, dominatrice ou innocente.

 Claude Cahun, Auto-portrait (don
Claude Cahun, Auto-portrait (don't kiss me I'm in training), c.1927, tirage gelatine argentique, 10 x 7,9 cm
Claude  Cahun,  née  Lucy  Schwob    (1894-1954) est à l’origine d’une oeuvre intime, autobiographique. Elle ne cessera d’interroger son identité et, paradoxalement, de la déconstruire. Durant plus de quarante ans, elle se met en scène avec un sens aigu de la performance préfigurant le travail de Cindy Sherman. Choisissant pour pseudonyme un prénom mixte ,Claude, elle pose aussi bien en homme qu’en femme, cheveux longs comme crâne rasé et repousse toute tentative de classification.
Son travail aura un impact fort sur toute une génération d’artistes interrogeant la notion de genre.
Dans cette photographie, l’artiste reprend les codes de la photographie de sport de l’époque. Tenant des haltérophiles dans une main, le reste de son corps semble extrêmement décontracté. Son visage grimé et ses vêtements apportent un aspect drolatique à la scène dans ce jeu des apparences.
 Man Ray, Meret Oppenheim à la presse, 1933, tirage argentique d’époque, 12,4 x 17,8 cm
Man Ray, Meret Oppenheim à la presse, 1933, tirage argentique d’époque, 12,4 x 17,8 cm
Man Ray (1890 - 1976) artiste américain est proche de Duchamp avec qui il représente le mouvement Dada à New-York. Persuadé que Dada ne peut pas vivre aux États- Unis, il s’installe en 1921 à Paris. Contrairement à la façon dont Man Ray aime à se définir comme un dilettante, un touche-à-tout désinvolte, d’une curiosité insatiable, il expérimente de nombreux procédés photographiques tels que la surimpression, l’inversion, les rayogrammes ou encore les solarisations.
Méthodes qui marqueront à jamais l’histoire de la photographie. La femme au corps dénudé devant une presse est Meret Oppenheim, artiste et icône des surréalistes,    sa beauté fascina Man Ray qui l’immortalisera dans sa série des Érotiques voilée en 1933.
 Hannah Hoch, Aus der Sammlung: Aus einem Ethnogra- phischen Museum Nr. IX., 1929, collage et aquarelle sur papier marouflé, 27,6 x 19 cm
Hannah Hoch, Aus der Sammlung: Aus einem Ethnogra- phischen Museum Nr. IX., 1929, collage et aquarelle sur papier marouflé, 27,6 x 19 cm
Hannah Höch (1889 - 1978) est née en Allemagne dans la ville de Gotha. Elle rejoint   le mouvement Dada suite à sa rencontre avec Kurt Schwitters et Raoul Hausmann avec qui elle expérimente le photomontage et le découpage. Ses oeuvres sont éminemment critiques envers le pouvoir politique allemand qu’elle  n’hésite pas à dénoncer lors de ses dérives comme en témoigne cette oeuvre datant de 1929. La ville de Berlin dès 1925 est le théâtre de nombreux combats de rue liés aux révoltes populaires ainsi qu’à la montée du nationalsocialisme. Ces violences atteignent leur apogée en 1929 où le préfet de police, Karl Zörgiebel interdit le défilé ouvrier du 1er mai. Ce dernier aura quand même lieu et sera réprimé avec force. C’est cet épisode sanglant que l’artiste dénonce ici.
On retrouve le visage du préfet de police derrière un masque Bini (personnage de droite). Hannah Höch a recours à différents fragments photographiques provenant pour la majorité d’Afrique. Elle souligne ainsi l’absurdité de cet événement où la violence l’emporte sur la raison.
Francis Picabia, Espagnole, c. 1941-1942, huile sur car- ton, 75,5 x 53 cm
Francis Picabia, Espagnole, c. 1941-1942, huile sur car- ton, 75,5 x 53 cm
Francis Picabia (1879 - 1953) est l’un des rares artistes à avoir exploré avec talent la plupart des mouvements artistiques de son temps. Après avoir épousé les « ismes » (fauvisme, futurisme, cubisme, orphisme,dadaïsme,..) Picabia se met dans les années 40 à peindre des tableaux inspirés de publicités commerciales, de magazines de charme ou d’actualités.il s’approprie la culture populaire qu’il détourne et avec laquelle il joue. Sous le classicisme des oeuvres de cette période se cache une approche critique d’une modernité conceptuelle.
La beauté troublante et sensuelle de «l’Espagnole». Une femme d’une grande sensualité, de trois-quart, épaule dénudée, nous fait face. Son regard glisse sur nous, déjà lointaine, déjà inaccessible.
 Esther Ferrer, Autoportrait avec des yeux bleus, 1994, photo- graphie noir et blanc, fils bleus & encre de chine, 29 x 39 cm
Esther Ferrer, Autoportrait avec des yeux bleus, 1994, photo- graphie noir et blanc, fils bleus & encre de chine, 29 x 39 cm
Esther Ferrer est née en Espagne à Saint- Sébastien. Elle s’installe à Paris dans les les années 1970, où elle vit toujours.
Esther Ferrer pratique la performance depuis les années 60, notamment avec le collectif ZAJ composé notamment de Juan Hidalago, Raymond Barcé et Walter Marchett et connu pour la radicalité de ses performances en pleine Espagne franquiste. De cette époque, Esther Ferrer conserve cet goût de l’action éphémère, de l’économie formelle, de l’humour comme antidote à l’absurdité de la violence sociale. Dans ses photographies retravaillées, elle décline la notion d’autoportrait ou elle apparaît toujours différente, comme si à travers ce visage, son visage, c’est les multiples facette d’un moi qu’elle interroge sans cesse.
Intrinsèquement féministe, Esther Ferrer s’arroge le droit d’être, dénonçant l’enfermement physique et moral des femmes comme dans Autoportait aux yeux bleus où une série de fils viennent enfermer son visage derrière un grillage.
 Kiki Kogelnik, Ikarus Darling, 1965, peinture à l
Kiki Kogelnik, Ikarus Darling, 1965, peinture à l'huile et acrylique sur toile, 124.6 x 99.1 cm
Née en Autriche puis installée aux Etats-Unis dès 1962, l’artiste Kiki Kogelnik (1935 – 1997) faitlaconnaissancedesfiguresemblématiques du Pop Art américain (Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Robert Rauschenberg,..).Influencée par leurs œuvres, elle réemploie la palette exubérante propre au Pop Art mais se distingue par ses sujets. Si elle fait partie de la génération du flower power, elle est surtout une enfant des nouvelles technologies - de la bombe H à la course à l’espace.
Fascinée par ces dernières, elle explore avec humour la place du corps féminin en prise avec la technologie de même qu’avec la société de consommation alors en plein essor.
Dans Ikarus Darling on retrouve les caractéristiques de son langage visuel: aplatissement des figures, silhouettes découpées, corps en apesanteurs, couleurs vives…
 Elaine Sturtevant, Raysse, peinture à haute tension, 1970, peinture à l’aéro- graphe sur toile, flocage, néon, châssis en bois, 161,5 x 96,5 cm
Elaine Sturtevant, Raysse, peinture à haute tension, 1970, peinture à l’aéro- graphe sur toile, flocage, néon, châssis en bois, 161,5 x 96,5 cm
Elaine Sturtevant (1930 – 2014) est une artiste américaine née à Lakewood dans l’Ohio, elle suit des études d’art à l’Art Institute de Chicago puis à l’Arts Students League de New-York. A cette époque – nous sommes dans les années 1950- 1960 – la création artistique américaine est dominée par l’expressionnisme abstrait avec notamment des artistes tels que Pollock, Kline ou De Kooning qui mettent en avant le geste original du peintre, l’unicité de l’œuvre.
Ce sont justement ces caractéristiques que Sturtevant, dès 1965, lors de sa première exposition personnelle à la galerie Bianchini, à New York, remet en question. Elle y présente, refaits de sa main, des toiles de Jaspers Johns – un Flag – Frank Stella et James Rosenquist, un plâtre de George Segal, un dessin de Rauschenberg et une sérigraphie de la série des Flowers à la façon d’Andy Warhol. Cette dernière est d’autant plus convaincante qu’elle est réalisée avec les écrans que Warhol utilise lui-même et qu’il confie à l’artiste.
L’enjeu est plus intellectuel que plastique. L’originalité est-elle la valeur absolue ? Une œuvre refaite perd-elle toute qualité et tout intérêt pour cette raison ? Elle reproduit à l’identique des œuvres d’arts d’autres artistes. Elle dénonce, par ce geste, le fait que la valeur d’une œuvre d’art soit basée sur un critère de reconnaissance, sur la signature. Une fois que l’on connaît le nom de l’auteur, l’œuvre est reconnue et on ne s’interroge plus sur sa valeur.
Elle a ouvert la voie à des artistes tels que Sherry Levine ou encore Richard Prince. A partir de 1992, elle s’installe à Paris où elle vivra jusqu’à sa mort en 2014.
 Hans Bellmer, la demi-poupée, 1972, Sculpture en bois peint, 120 x 40 cm
Hans Bellmer, la demi-poupée, 1972, Sculpture en bois peint, 120 x 40 cm
Hans Bellmer (1902 - 1975) est né à Kattowitz, en Pologne. Il s’adonne très jeune à des activités artistiques mais son père, très autoritaire, l’obligera à suivre des études d’ingénieur. Bellmer abandonne ses dernières à 22 ans et exerce divers métiers où se développe son goût pour  la typographie et la reliure. À vingt-trois ans, il rencontre Lotte Pritzel, femme de son médecin, qui crée des poupées de cire et de matériaux précieux. Inspiré par l’histoire d’Oskar Kokoschka - peintre autrichien expressionniste - qui déprimé par une rupture amoureuse avec Alma Mahler, avait demandé à Lotte Pritzel de lui fabriquer une poupée grandeur nature. Celle-ci refusa et en confia la réalisation à Hermine Moos. Au début des années 1930, s’enclenche le processus de création d’une poupée qui jouera le rôle de femme-mère- fille. Certains mettent en avant un opéra auquel aurait assisté Bellmer – les Contes d’Hoffman – et où un personnage l’aurait particulièrement touché. Il s’agit d’Olympia, fille artificielle de Coppelius. Il y a trois femmes en une : l’automate qui se brise, la courtisane qui trahit, la chanteuse qui meurt de la tuberculose. Hans Bellmer est l’un des artistes majeurs du surréalisme.
 Equipo Crónica, Vamp, 1972, sculpture en papier mâché peint, 117 x 34 x 19 cm
Equipo Crónica, Vamp, 1972, sculpture en papier mâché peint, 117 x 34 x 19 cm

Equipo Cronica (1964 – 1981) est un collectif d’artistes espagnol né à Valence dans les années 1960 en réaction aux tendances « informelles ».
Le collectif compte 6 membres au départ mais assez rapidement seuls demeurent actifs Manolo Valdes (1942 -) et Rafael Solbes (1940 – 1981).
A travers une esthétique résolument Pop, Equipo Cronica est avant tout un projet critique. Critique envers les divers formes de pouvoir, notamment en art, mais également envers la politique – l’Espagne est alors encore sous Franco.
Toujours avec beaucoup d’humour et par le biais de citations (références à Picasso par l’utilisation des figures de Guernica comme cibles dans Tunnel de tir, incursion de policiers dans les décors des Ménines avec El Recinto,..), ils interrogent les rapports de pouvoir dans l’histoire de l’art.

L’activité du groupe s’acheva en 1981 suite à la mort de Rafael Solbes.
Valdés poursuivit alors son travail seul.
En 1998, il reçoit la médaille d’or du mérite des beaux-arts en reconnaissance de l’ensemble de son oeuvre

 

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 Patrick Reynolds
Directeur de publication

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