Biographie Edgar Stoëbel

Biographies d'artistes contemporains

Edgar Stoebel portrait de l

 

 

 

 

 

 

 

Edgar Stoëbel ( de son vrai nom Teboul Ichoua René ) est né à Frendah  près d’Oran en Algérie le 21 décembre 1909 décédé à Paris en décembre 2001 -  Stoëbel étant son nom d’artiste.

Très jeune il a été attiré par la musique et les arts graphiques, ces deux formes d’art ont été tout au long de sa vie étroitement liées et ont donné à son art cette dimension musicaliste et rythmée.

« Au fond c’est grâce à mon père que je suis devenu peintre, il a vécu intérieurement ses rêves, à Noël je trouvais dans la cheminée une boite de pastels, je me rappelle que vers l’âge de 10 ans je faisais des dessins et des copies de dessins, un jour j’ai fait un petit dessin représentant une femme nue, et ma mère curieuse de voir ce que je faisais s’est approchée de moi et quand elle a vu mon dessin elle a été choquée que je puisse faire un tel dessin à mon jeune âge et elle m’a tapé. La femme aura toujours été pour moi une source d’inspiration, elle est toujours présente dans mes œuvres. »

Stoebel Pianiste de JazzEdgar Stoëbel Le Pianiste de Jazz Figura-synthèse

« Mon père aimait la musique, il voulait constituer avec ses enfants un orchestre, il voulait que moi je fasse du violon, mon frère aîné du piano et un autre devait se consacrer au violoncelle. Je suis né avec la musique qui a bouleversé ma vie et l’art graphique. »

A Oran il crée un petit conservatoire avec 17 musiciens, une association de musiciens, et dirige un orchestre en tant que chef d’orchestre, mais il sent très vite qu’il ne progressera pas s’il ne part pas à PARIS.
Afin de travailler la musique il arrive à PARIS en 1931 et travaille avec le professeur  Léon Eugène MOREAU Grand Prix de Rome qui lui apprend l’harmonie, le contrepoint, la fugue et le piano jusqu’en 1939 déclaration de la guerre, mobilisé, il rejoint son corps d’infanterie où il est réformé temporairement au Conseil de Réforme.

A la suite de cela et de la montée du nazisme il repart en Algérie en 1940, où il  peindra et dessinera, puis dirigera un orchestre jusqu’en 1942.

Edgar Stoebel 81x65 femme à la guitare
Edgar Stoëbel 81 x 65 cm femme à la guitare - Figura-synthèse

En 1942, les américains débarquent à ORAN ce qui dispense les Juifs de porter l’étoile jaune, Edgar Stoëbel prend conscience qu’ils vont changer le cours de l’histoire, les contacte et est mobilisé avec les Américains et le Corps Expéditionnaire Français du 7 ème Régiment des Tirailleurs Algériens pour faire la Campagne d’Italie.

Il débarque avec la 1ère Armée du Général Clark à Naples en décembre 1942 et fait la Campagne d’Italie jusqu’à Rome et Taranto. Il fait le débarquement en Provence le 19 Août 1943 à Saint-Tropez et Port-Vendres et participe à des opérations militaires jusqu’en 1945.
Tout au long de la Campagne d’Italie, il ne cessera de dessiner des scènes de la vie journalière et des dessins imaginaires.

Après l’Armistice il est rapatrié à Paris.

Il crée alors les Editions Stoëbel, édite des compositeurs, écrit des musiques et des chansons qu’il produit en 78 tours jusqu’à l’arrivée du microsillon.

Parallèlement dès 1945-46, il  lâche progressivement la musique pour ne plus se consacrer qu’à la peinture et au dessin.

« J’avais un besoin formidable de créer ; en permanence les images se bousculaient dans mon esprit, il fallait que je les couche sur le papier, je travaillais dans les cafés n’importe où, au hasard des rencontres, je travaillais parfois des jours et des nuits sans me rendre compte du temps qui passait ».

Au cours de cette période entre 1946 et 1950 il réalise notamment de nombreux paysages figuratifs de Montmartre.

La vie d’artiste à Montparnasse
stoebel disque

Dès 1950 il fréquente le Montparnasse des artistes et se lie d’amitié avec Anton Prinner artiste énigmatique qui était une femme mais se faisait passer pour un homme, amie de Veira da Silva de Pierre Loeb et de Picasso .

Tous les soirs Stoëbel se trouve à La Coupole jusque dans les années 70. Il se lie avec des artiste de la rue de la Grange-Batelière Goetz, Mondzain, Michonze, Meyer-Lazar .

Au cours de sa vie d’artiste, à Montparnasse il rencontre dans les années 70 une Irlandaise qui l’emmène au Pub Olympia où règne une atmosphère fantastique à cette époque, il chante une chanson «  le beau Paulo » , «  la fille du marinero », « la Joconde à Paulo » qui font un succès considérable, la salle est en délire et le contact fabuleux de l’artiste qui chante et qui dessine sur les tables , avec les jeunes, l’entraîne toutes les nuits jusqu’à l’aube dans ce lieu où il chante ses chansons .

Pendant plusieurs années il rentrera chez lui au petit matin et se mettra à dessiner et peindre l’après-midi.

La musique l’a rattrapé dans sa vie étroitement mêlée à sa peinture, elle est la source de son art, du rythme coloré de ses toiles et une partie de son bonheur.
Bonheur, ce mot est très important dans l’œuvre du peintre, dans chacune de ses toiles transparaît cette notion du merveilleux de chaque instant de la vie. Oui, véritablement Edgar Stoëbel est le peintre du bonheur et de la recherche de la plénitude et de l’équilibre.
Il invente alors son écriture propre qu’il baptise dès 1960 « La Figura-synthèse », on retrouve ses premières figura-synthèses début 1950

La Figura-synthèse
Edgar Stoebel figura-synthèse à l

« La Figura-synthèse est l’image qu’on se fait d’un objet et non l’objet dans sa forme telle qu’elle nous apparaît : elle est subjectivée et ne représente plus qu’une forme irréelle sur tous les plans.
Le rapport des formes entre elles constitue la Figura-synthèse. »

Edgar Stoëbel précise sa pensée :

 « Je m’explique :
Le néant n’étant pas la manifestation du monde où nous vivons, il ne saurait satisfaire notre vision attirée par la forme.

Toute forme idéalisée constitue en elle-même une œuvre d’art.

Si l’artiste imagine un objet, cet objet n’échappe pas à sa géométrie bien qu’il ne soit que dans son imagination. Pour exister il devra être réalisé, concrétisé, en somme devenir la résultante de sa pensée.

Une toile blanche est un abstrait parfait, je n’ai plus qu’à le signer, ce qui est à la portée de tout le monde.

Si je suis peintre, utiliser mes outils au gré de mon inspiration est impérieux, mais si j’aboutis au néant à force d’abstraction, mon œuvre ne répondra plus à la raison que nous avons de créer une réalité formelle.

La courbe à son point de chute ouvre la voie de la synthèse.

Cette approche de l’art, «  La Figura-synthèse » est l’ensemble inhérent à l’objet principal.
Un cendrier sur une table appelle une cigarette – une femme ou un homme ou les deux… la vision d’un passé…le rêve d’un futur etc…

La composition imaginée est cernée par interpénétration ; le volume et la perspective ne sont pas de rigueur, le tout étant un agglomérat occupant le centre du tableau, point magnétique où les éléments convergent.

La Figure est l’image qu’on se fait d’un objet et non l’objet dans sa forme telle qu’elle nous apparaît : elle devient forme
subjective et ne représente plus qu’un aspect irréel sur tous les plans.  Le rapport des formes entre elles constitue la Synthèse. »

A propos des symboles présents dans ses œuvres Edgar Stoëbel écrivait :
«  Le cheval symbolise la bataille et la colombe la paix, la présence des deux, ce sont les éléments du plus et du moins, du positif et du négatif, du yin et du yang. L’humanité porte en elle ces éléments. Sans le bien et le mal le monde n’existerait pas, nous voyons avec le plus et le moins, le positif et le négatif, grâce à quoi nous avons la lumière. La femme est l’élément modérateur dans cet équilibre du monde bien qu’elle nous ai fait chuter cf Adam et Eve. »

Stoebel Pianiste de Jazz
Edgar Stoëbel Le pianiste de jazz huile sur toile "Figura-Synthèse"
Une Œuvre encrée sur une pensée profonde

La présence de cette philosophie de l’équilibre du monde est présente à tout moment dans l’œuvre du peintre qui disait :
« Celui qui fait son chemin dans l’amour et la sincérité, le monde le suivra ».

L’œuvre de Edgar Stoëbel a ses racines dans une profonde philosophie qui est celle d’un Maître qui nous fait réfléchir en permanence sur l’histoire de l’art et notre propre devenir :

« L’œuvre de l’homme ne doit jamais s’arrêter en chemin. Le dynamisme, la recherche, doivent conduire à la découverte d’un nouveau départ dans ce monde en gestation permanente.
C’est ce que j’appellerai : le parallélisme vital .
Il permet à l’artiste de confirmer la mesure de son époque et même de la dépasser.
Une inspiration musicale- perception mystère – que le maître entreprend de transcrire grâce à ses connaissances dans un élan impérieux, nécessite un effort de concentration que la maîtrise de son talent lui permet d’engendrer.
Ainsi sous cette impulsion naît une composition au gré de sa fantaisie.
Il en est de même de la peinture.
Toute créativité figée dans un sens rigoureux est morte si elle ne ressuscite pas dans une forme qui se veut originale, nouvelle.
La Figura-synthèse me paraît être une ouverture à l’imagination se laissant aller au rêve qui nous éveille à chaque heure du temps.
Ce rêve doit être un rêve .
Un rêve qui fait rêver.
Rien d’autre. » 

Le Maître de la Figura-synthèse
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Edgar Stoëbel Figura-synthèse à la colombe huile sur toile 45 x 61 cm

Emmanuel David qui a été un des plus grands marchands de tableaux au monde et surtout un des plus grands collectionneurs, amateur d’art, découvreur de Bernard Buffet à qui je montrais des toiles de Stoëbel expliquait pourquoi l’artiste était un grand Maître :

« En face d’une toile de l’artiste on est frappé par la personnalité dans la conception et l’exécution de l’œuvre. La sincérité de l’émotion, la hauteur du ton et de la couleur, la sensibilité et la simplicité de la composition synthétique, créent un équilibre des volumes, une poésie, où le rêve et la musicalité  donnent à cette œuvre toute son originalité et sa qualité.  »

LA PLACE DE LA PEINTURE DE
STOËBEL DANS L’HISTOIRE DE L’ART DE L’APRÈS GUERRE

stoebel 50x61 femoiseauLa peinture de Stoëbel des années 60 se situe dans la mouvance de l’abstraction concrète d’après guerre, ou de l’art concret appelé aussi Art Constructif.

Trop longtemps cantonnée par les critiques d’art à ce qui se passait en peinture à Paris et surtout à New-York, l’abstraction concrète était en réalité un mouvement d’ampleur mondiale qui se développait de l’Amérique du Sud à l’Europe du Nord et ne pouvait se réduire à la seule peinture française de chevalet de Bazaine, Manessier, Hartung ou Estève ou Gischia.

Ce mouvement, comme le mentionne Véronique Wiesinger dans l’introduction du remarquable Catalogue « Abstractions en France et en Italie 1945-1975 autour de Jean Leppien » au Musée de Strasbourg de novembre 99 à février 2000 «  loin d’être l’écho factice de l’École de Paris d’avant-guerre, ou une réponse à l’expressionnisme abstrait américain, l’abstraction est bien, jusqu’au milieu des années 70, le dernier feu d’artifice du mouvement moderne, allumant tous les incendies qui brûlent encore aujourd'hui ».

Dans cette École de l’abstraction concrète on peut citer une liste non exhaustive de peintres importants dans l’histoire de l’art de cette époque qui permettent de mieux comprendre que ce mouvement sera un des apports les plus importants dans l’Art du XX ème siècle:

Joseph Albers, Aagaard Andersen, Jean Arp, Jean-Michel Atlan, Willy Baumeister, André Bloc, André Bruyère, Busse, Marcelle Cahn, Antonio Carderara, Fernando Chevrier, Jean Couy, Heinrich Davring, Sonia Delaunay, Jean Deyrolle, Domela, Piero Dorazio, Adolphe Richard Fleishmann, Nato Frascà, Günter Fruhtrunk, Paolo Ghilardi, Gilioli, Hajdu, Johannes Itten, Joseph Jarema, Lapique, Jean Leppien, Anselmo Legnagni, Henri Lhotellier, Alberto Magnelli, Willy Maywald, François Morellet, Robert Mortensen, Bruno Munari, Aurélie Nemours, Henri Nouveau, Vera Pagava, Penalba, Edgar Pillet, Serge Poliakoff, Hans Reichel, Hans Richter, Michel Seuphor, Atanasio Soldati, Ferdinand Springer, Edgar Stoëbel, Gunta Stölzl, Nicolas Warb.

stoebel portrait
MUSEES
Musée BEIT URI ET RAMI NECHUSHTAN
Musée de DIMONA
Musée d’EILAT
Musée du Montparnasse Rétrospective (25 avril au 20 mai 2007)
Musée de la Franc-maçonnerie
BIBLIOGRAPHIE

BENEZIT dictionnaire des Peintre Sculpteurs Dessinateurs et Graveurs.
Edgar Stoebel, Monographie de Lydia Harambourg aux éditions du Cercle d'art, à paraître (mars 2007)

stoebel lydia harambourg

Les Éditions Cercle d'Art ont pour vocation, depuis leur création en 1950 de publier des ouvrages sur toutes les formes d'expressions artistiques. Ayant pour thèmes l'art contemporain, l'histoire de l'art, mais aussi le patrimoine culturel en général, les livres qu'elles éditent donnent à voir l'art dans toute sa diversité internationale et historique. La monographie d'Edgar Stoëbel est le premier ouvrage de la collection « Mise en lumière » dirigée par Lydia Harambourg aux Éditions Cercle d'Art.
Lydia Harambourg est historienne, critique et écrivain d'art, spécialiste des XIXe et XXe siècles, et plus particulièrement de l'École de Paris. Elle a publié un Dictionnaire des Peintres de l'École de Paris, Ides et Calendes, véritable encyclopédie de référence. Elle tient la chronique hebdomadaire des expositions dans la Gazette de l'Hôtel Drouot et elle est aussi le Correspondant de l'Institut (Académie des Beaux-Arts).

L'ouvrage est paru en librairie le 23 février 2007. (code ISBN : 2702208061)

Benezit, Dictionnaire des peintre sculpteurs dessinateurs et graveurs
Liens externes
(fr) www.edgarstoebel.com site officiel
(en) Louise Alexander Gallery

EXPOSITIONS ET SALONS

Membre de l’Association des Artistes Peintres, Sculpteurs et Graveurs Juifs de France
Salon de Artistes Français
Salon d’Automne
Salon de l’Art Libre

1955  Sélectionné au Grand Prix International de Deauville.
1958  Exposition personnelle Galerie Briard, Marseille.
1960  Villa Robioni,29 Promenade des Anglais, Nice. 28 peintures exposées.
        Vente d’atelier en Vente Publique à Orléans.
        Vente d’atelier en Vente Publique à Angers.
1961 Vente Publique organisée par The Montpelier
        Galleries, Montpelier Street, Knightsbridge SW7 chez Bonham &  Sons Ltd à Londres
        Vente Publique chez Philips and Neal & Sons à Londres
        XXXVIème Salon Berruyer sous la Présidence de M. Lucien Lautrec à l’Ecole National des Beaux Arts de Bourges
1963 Galerie Bernard Chêne, 21 galerie de Montpensier Paris
        Galerie Montpensier au Palais Royal,
        Galerie Louisa Carrière 20 rue de Beaune, Paris
        Galerie Jory  222 Faubourg Saint-Honoré, Paris  

1963 Galerie La Galère 26 rue Vavin Paris
1964 Vente d’atelier en Vente Publique à Angers.
1964 Vente d’atelier chez Maître Robert à Drouot.
1969 Galerie Waldorf , Copenhague Danemark
1972 Centre Culturel d’Art Juif, 14 rue Berger Paris
1973 Galerie Claude Jory, 222 Faubourg Saint-Honoré Paris
        Lauréat du concours d’affiches de la Wizo
1974 Musée Beit Uri et Rami Nechushtan situé à : Ashdot Ya’Aqov
        Hakibutz Hameuhad
        P.N Emek Hajarden , Israël
        Musée de Dimona, Israël
        Musée d’Eilat, Israël
1982  Médaille d’Argent de la Ville de Paris.
2001  Galerie Le Musée Privé, Paris
2006  Galerie Daniel Besseiche, Courchevel
         Musée du Montparnasse, Paris
2007  Galerie Gérard Hadjer,Paris 8ème

Epoque Judaïca : oeuvres dans des collections privées
Edgar Stoëbel dessin, encre et pastel sur papier de Edgar Stoëbel 24 x 32 cm signé en bas à droite Collection Serge Hamon
Edgar Stoëbel dessin, encre et pastel sur papier de Edgar Stoëbel 24 x 32 cm
signé en bas à droite - Collection Serge Hamon
 

LE MUSEE PRIVE

tél: (33) 09 75 80 13 23
Port.: 06 08 06 46 45

 
Le Musée Privé Magazine d
 

 Patrick Reynolds
Directeur de publication

  art à Paris - LE MUSEE PRIVE
 

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