Brassaï for ever

Brassaï & Roger Grenier, « Correspondance, 1950-1983, Gallimard, Paris, 2017

« Dans le secret d'une photo »  Roger renier écrivait  « Le présent est un pays étranger, j'y vis en exil. ». Pour autant la mémoire de Brassaï que forcément le livre rameute n'incite pas à la seule nostalgie. Et si Grenier se revendique du passé ; s'il ressent, âge aidant,  davantage le regret  que l'envie d'agir dans le présent, il fait preuve dans « Brassaï est les lumières de la ville » - essai qui ouvre cette correspondance riche de documents iconographiques – d'un beau recul des choses qu'il remet à leur juste place.

L'auteur explique aussi la genèse des photos nocturnes de Brassaï, sa capacité à trouver des solutions originales  et « parfois saugrenues » pour capter prostitués, clochards ou autres sujets. Il prouve en élargissant son approche que  « l'art qui ment le moins » devient pourtant de moins en moins le tremplin pour l'imaginaire qu'il fut pour Brassaï. Et les « selfies » ne sont pas faits pour améliorer le problème...

Grenier garde comme  maître, grand frère et ombre tutélaire celui qui, contrairement à lui, détestait Paris : Camus. Mais le lecteur de Gallimard n'oublie pas une des premières phrases que l'auteur de  « L'Etranger » lui adresse : « Je ne te laisserai jamais tomber ». Et Grenier de préciser « Je connais peu de gens qui pourraient dire une chose pareille. Il ne m'a en effet jamais laissé tomber ». Lui-même fit de même avec Brassaï. Sa correspondance avec le photographe le prouve même s'il demeure tel qu'il est : peu disert. Brassaï et son épouse y sont plus bavards.

Toutefois les échanges épistoliers n'étaient là que pour combler les absences du couple : Les Brassaï voyageaient beaucoup mais n'oubliait jamais le Régent du collège de Pataphysique qui fit haussé à ce titre par son fondateur que Grenier décrit ainsi : « Emmanuel Peillet, alias Anne de Latis, Jean-Hugues Sainmont, Dr Sandomir, Mélanie le Plumet, Oktav Votka, Elme Le Pâle Mutin, etc. C'était un professeur de philosophie pince-sans-rire très drôle ».

Pour autant Grenier ne fanfaronne jamais. Pas plus dans sa vie, ses livres que dans cette correspondance. Et l'auteur de préciser : « On m'a reproché il y a quelque temps de ne jamais y mettre les pieds mais c'est pourtant, pour moi, un des principes de la pataphysique, qui est de ne rien faire. J'y suis fidèle »... Comme il fut fidèle à Brassaï. L'artiste et sa femme purent compter sur lui. Et il aurait pu leur adresser les mots que Camus lui adressa. Ses actes et cette correspondance le prouve.

Jean-Paul Gavard-Perret

Brassaï & Roger Grenier, « Correspondance, 1950-1983, Gallimard, Paris, 2017
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Jean Paulhan écrivait à propos de l'informel : « Les anciens peintres commençaient par le sens, et lui trouvaient des signes. Mais les nouveaux commencent par des signes, auxquels il ne reste plus qu'à trouver un sens ». . Il était normal qu'il y eut, parmi les signes orphelins de la débandade du brouhaha et du rififi, de l'informel. Mais sans doute on-t-ils depuis réfléchi sur leur dynastie, puisque voici Oleg Goudcoff et devant ses œuvres l'on peut reprendre aux orties la vieille question que comme un froc on y avait jetée : « Qu'est ce que  cela signifie ? ».

De ce verbe signifier il faudrait parler. Qu'on n'attende pas en tous cas l'explication claire, habitable, clefs en mains. Il est dans la nature de cette oeuvre que son sens ne soit pas citable, explicitable : ses figures le dessinent et ne s'effacent, parfois devant lui, que comme la matière d'un mot dans un discours en résonnant lointainement à travers lui et en occupant longuement l'arrière pensée, l'arrière pays de l'esprit.

Nous ne pouvons employer pour en parler que des images, ces receleuses de sens multiples. La première qui s'impose à moi est celle de l'arbre.

ARBRE, cela rend compte d'un soulèvement puissant à partir de graines infimes, de l'insurrection de jachères visibles dans ce mouvement qui porte le plâtre vers les hauteurs. De la même manière l'arbre prend de la matière, l'éduque, la structure, l'élève et lui assure en haut ce déploiement victorieux de feuilles qui est celui de Cœur à corps, avec une lenteur paysanne il extrait, comme méditant un sens jamais clair bien qu'il apparaisse dans l'éclat de ces feuilles, ces oreilles consacrées à l'air. Et en même temps l'arbre reste splendidement matière obtuse dans son sarrau d'écorce.

Puissante est cette poussée immobile, capable de disjoindre le roc et qui reste attachée à la terre ( Earthbound a-t-on écrit dans le New York Herald Tribune) . Elle est sombre comme un mur et elle est autre chose encore.

Un jour l'on demandait à Oleg Goudcoff ce qu'est pour lui une forêt. La réponse fût instantanée : « Un mur transparent ».

Oleg Goudcoff sculpture A coeur ouvert

Oleg Goudcoff sculpture "A coeur ouvert"

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Erik Purienne

Erik Purienne, « Purienne »

par Jean-Paul Gavard-Perret

Avec le photographe sud-africain Erik Purienne chaque modèle reste la Sibylle énigmatique. Elle rappelle à l'innommable puisque c'est à partir de l'insensé de sa rencontre que le miracle optique se propage en emportant les nuits noires. Reste la tiédeur dans un mouvement de la marée. Erik Purienne bouscule la solitude, réveille - mais à peine -  le corps tout en caressant le désir. Chaque photographie donne corps à une attente en clôturant  chaque foi et provisoirement une forme, un espace : ils deviennent des interstices. Le corps  cherche sa gravité pour ne pas totalement se volatiliser. Ou se volatilise pour révéler une présence.   Une main parfois furète, détourne, gravite, descend presque jusqu'à nacre rose. Le photographe suggère des émergences, des gémissements, le vibrato des bouches, leurs prières. Mais tout demeure en suspens de ce qu'on nomme luxure.

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Tyler Shields :  le réel ludique et l'érotisme ironique

par Jean-Paul Gavard-Perret


Tyler Shields, Andrew Weiss Gallery, Santa Monica, California

 
Tyler Shields est le maître des narrations photographiques ironiques et léchées. Tout est impeccable si bien que le réel semble un songe avec souvent bien des références cinématographiques aux films « de genre » (érotique, suspense pas exemple). Néanmoins l'artiste américain les peint, les épile, les maquille superbement. L'image ne cherche plus à singer la réalité même si c'est bien elle qui pourtant est choisi comme support et base aux fantaisies de l'artiste. Il pourrait donc reprendre à son compte le « je suis la matière de mes rêves » de Michaux.

Tylers Shields Courtesy Andrew Weiss Gallery Santa Monica

Tylers Shields Courtesy Andrew Weiss Gallery Santa Monica

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Arnaud CohenArnaud Cohen : révision du système des images

par Jean-Paul Gavard-Perret

Arnaud Cohen, « Rémission + Rétrospection » Palais Synodal, Sens,14 juin- 20 septembre 2015, « A l'ombre d'Eros - une histoire d'amour et de mort»,   Monastère Royal de Brou, Bourg-en-Bresse, 19 juin 2015 - 4 janvier 2016.

Dans la salle synodale du Palais de Sens (redessiné par Viollet-le-Duc) Arnaud Cohen convoque à travers ses mises en scènes et ses sculptures une critique de notre époque Dans « Rémission » l'artiste cultive deux ambitions ou espérances qu'il définit lui-même  :  « celle d'un sursaut vital et d'une rémission du cancer qui nous ronge, celle d'une rémission de nos pêchés à l'heure du jugement dernier ». Entre préoccupations physiques et métaphysiques le créateur montre en filigrane comment «  une Europe malade de ses doutes et de ses peurs roule à tombeau ouvert vers un suicide collectif ». L'œuvre est ambitieuse, profonde, habitée mais non sans humour. Un Saint Sébastien est fléché de seringues et dans un hôpital de campagnes les opérations en cours ou passées font surgir divers monstres et hybrides.

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L'Eden et après

Nadia Lee Cohen par Jean-Paul Gavard-Perret

Nadia Lee Cohen

Provocantes, mélancoliques parfois  effrayantes les poupées US de l'anglaise Nadia Lee Cohen portent plus loin les critiques qu'un art féminin a déjà illustré avec Nan Goldin et Cindy Sherman. Ne semblant pas aimer ce qu'on a fait d'elle, ces femmes subissent une beauté fabriquée qu'elles doivent assumer. Filles de tous elles deviennent filles de rien mais restent sauvées par le regard de la jeune anglaise qui épouse leur désarroi silencieux. Non seulement ses clichés viennent percuter les murs de la mémoire par nostalgie (des années 60) mais  celui-ci permet la critique d'un présent ravagé mais qui dans ces mises en scènes enfoncent dans les arcanes de l'étrange. 

 

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"Nestow Sakaczbia et les insomniaques" par Jean-Paul Gavard-Perret

Nestow Sakaczbia

Du collage (découpage et dessin) on n'a dit bien des choses en oubliant qu'il s'agit là d'un fantômes en tant que représentation de la déchirure, de la blessure et de la tension. Mais il y a plus : pour Nestow Sakaczbia il s'agit d'un objet magique qui doit certains de ses éléments à ce que l'image n'est pas par création directe. Coller un élément au lieu de le peindre ou de le dessiner revient d'une certaine façon a avoir recours au symbole. Et tandis que l'analogue (ou l'original) s'imposerait avec sans doute plus de relief et de force, le collage sert de métaphore (image dans l'image) comme une poétique qui partant du réel le métamorphose pour lui accorder plus de signification ou de fantaisie.

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Laura CallaghanLaura Callaghan : soft lesbian power

par Jean-Paul Gavard-Perret

Laura Callaghan dessine  au présent sa propre histoire sans entrer dans les détails. N'en surgit que la mystique et sensuelle moelle. Son présent est riche de tout un passé et s'engrosse encore d'avenir.  Ce présent à la fois poétique et réaliste actualise des scènes quotidiennes afin pour  nous réfléchissions sur le sens de notre propre existence et sur nos a-priori. En effet Laura Callaghan explore par ses dessins les frontières, les limites du féminin et son incessant devenir. L'intimité est toujours traitée de manière allusive et sous forme narrative. L'homme est exclus d'un tel univers : cela évite tout  "épapillonnement" . Et si la créatrice  flaire lèche croque des grains de peau, si elle accroche aux cheveux de ses copines ses grains de folies, cela se montre sous forme d'aporie.

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Le « tachisme » de Ma Qun

MA Qun par Jean-Paul Gavard-PerretLes « corps conducteurs » - couleurs et formes avec lesquels Ma Qun crée  - vivent, boivent le support pour s'en emparer. Une crudité lyrique jaillit entre  dépossession et reprise. Volumes et coloris sont composites et au besoin incongrus  pour abolir au mieux le front des apparences et le remplacer par une vision agitée. Tout est en acte donc rien n'est figé. La narration plastique ignore la froideur et la  rigidité. A sa place : la souplesse et la densité. Une force envahit l'espace. Il faut sans doute un beau courage à l'artiste pour oser un tel travail. Il n'illustre pas une thèse. Il fait mieux : s'y fonde un système poétique particulier. L'infériorité du logos est remplacée par des visions qui desserrent le carcan de la représentation au profit d'un langage où les « images » se retournent d'elle-même pour monter un « breaking down » où lignes et courbes criblent l'espace afin d'atteindre non le néant mais à ce qui se cache derrière.

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Sophie Aymon du visage au portrait, du réel au mystère

Sophie Aymon

Par Jean-Paul Gavard-Perret

Sophie Aymon  remet  en cause la question du portrait et de l'identité au moyen d'un  travail de fond et à travers les "occurrences" qu'elle ouvre loin des projections narcissiques. Par effet de sérialité elle crée une beauté qui n'est pas d'apparence mais d'incorporation. D'une toile à l'autre l'artiste reprend le même projet, s'arrête, avance comme on avance dans la neige.  Le visage n'est plus traité de manière à le "psychologiser" mais afin de le détacher de lui-même pour mériter le statut de portrait et non de reportage. Le premier ne serte pas à dévisager mais à envisager autre chose qu'une ressemblance. La "visagéïté" opérée par le langage pictural descend non dans le réel mais aux sources des formes et des couleurs en de longues vibrations de lumière. Contrairement à tant d'artiste qui s'appuie sur la photographie afin de construire le portrait Sophie Aymon s'engage totalement dans et par la peinture pour le composer.


C'est sans doute pourquoi le "dedans" du visage laisse monter la trace et l'ajour d'une existence diffractée, démultipliée par la puissance de l'art. Le silence du regard devient  passage entre l'hypnose et la gestation. Et la peinture -  à travers de tels portraits et leur multitude fractionnée - semble par l'exercice de la beauté l'approche d'un  "qui je suis" qui viendrait torde le cou au "si je suis".  Dénaturant les simples effets de réel, l'artiste  perturbe les habitudes de reconnaissance. La où la peinture appelle l'absolue nécessité du visage et au moment où la créatrice devient amasseuse de visages sensuels  surgit la célébration d'un cérémonial de féerie particulière chaude et glacée.

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Fanny Begoin : Une goutte de lumière sur un océan dénudé

par Jean-Paul Gavard-Perret

Fanny BegoinFanny Begoin donne rendez vous à ses modèles chez eux ou à leur atelier lorsque je réalise des portraits d'artistes. Elle partage un moment avec celui-ci, discute, explique puis la séance commence selon une recherche patiente, minutieuse et perfectionniste jusqu'à ce que le modèle s'oublie, se dévoile dans la fragilité de moment de solitude.

Travaillant toujours à l'argentique l'artiste y s'inscrit une quête d'images « empreintes » du banal. S'installe de ce fait lors de la prise de vue moins des mises en scènes qu'une manière de  rejouer le quotidien a minima. S'y perçoit par effet de surface des profondeurs cachées en une célébration tacite, un acte étrangement pieux.

Cela provoque une traversée incertaine dont l'avenir comme l'origine demeurent une interrogation. Elle crée tout le charme de l'œuvre. L'instant redevient lieu qui  lui-même retourne à l'invisible. S'impose le pouvoir d'étrangeté d'un infini presque tactile. C'est là qu'il monte, qu'il déborde face au danger du temps qui court forcément à sa perte. En bougeant il nous pétrifie. C'est l'idole dont ne se saisit que le creux.

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Walter Lewy par Jean-Paul Gavard-PerretWalter Lewy : d’une peinture mythique par Jean-Paul Gavard-Perret

Walter Lewy (1905-1995) fit un peintre brésilien à l’âme de chevalier. Il eut toujours soif de l’Aventure artistique surréaliste non sans craintes et crises, avec ses gouts, ses rejets, ses peurs de mal faire et le courage de continuer un parcours qui se calque sur celui de la peinture surréaliste européenne dont elle est le double - et non la copie. Derrière sa vie de reclus demeure la quête du Graal du XXème siècle. En Europe une telle œuvre demeure cachée même si depuis quelques années Martin Vaskou la fait vivre. S’y propage pourtant une chanson de gestes mâtinée de science-fiction. . Refusant de sacrifier les légendes il en a inventé de nouvelles avec orgueil pour toujours reprendre les armes et retrouver la direction du vol  de l’oiseau : corbeau blanc, chouette diurne, qu’importe. Walter Lewy a donc passé les frontières du temps avec idéalisme et dans la solitude pour se lancer encore et encore sur la route.

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Fanny BegoinLe temps n'est rien, l'instant est tout. Fanny Begoin en prend grand soin pour que jaillisse sa pulpe érotique. Avant, après ou pendant la tendresse. La photographe réinvente des heures nues, rameute la chaleur de l'attente. L'angoisse s'y dissout entre des mains tendues, des corps offerts ou recroquevillés, embrassés parfois presque si inséparables qu'ils versent dans l'improbable. Ils ne luttent plus contre l'ombre : ils se fondent en elle puis remontent à la clarté où l'artiste les saisit. Flottement, souffle de cendres. L'instant redevient lieu qui  lui-même retourne à l'invisible. S'impose le pouvoir d'étrangeté d'un infini presque tactile. C'est là qu'il monte, qu'il déborde face au danger du temps qui court à notre perte. En bougeant il nous pétrifie. C'est l'idole dont ne se saisit que le creux. C'est pourquoi Fanny Begoin préfère l'instantané et son imaginaire sans appel. On en naît, on y retourne. Nous sommes ses anachronismes et sa pensée.

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Gilda Richet tableau de la série "IL FAUDRAIT" soit "Il faudrait... dire Non"MON CONCEPT :
NE PAS EN AVOIR ...  EST-CE POSSIBLE ?


Est-il possible aujourd'hui de vivre, de créer en toute liberté sans autre contrainte que l'exigence de la création ?
Est-il possible aujourd'hui d'avoir la simple  ambition, celle d'être de passage et d'exprimer  une sensibilité dans le rapport à la réalité et dans un laps de temps donné ?
Est-il possible aujourd'hui de travailler sérieusement sans se prendre au sérieux ?

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Patrick Reynolds1/  DEPUIS COMBIEN DE TEMPS PRATIQUEZ-VOUS LA PEINTURE ?

Adolescente, j'ai commencé par la poterie dans un petit atelier de la banlieue parisienne à Herblay dans le Val d'Oise.

J'ai  étudié le dessin dans un des ateliers du quartier des Batignolles dans le 17ème arrondissement et la sculpture avec Roberto ALVAREZ RIOS à La Ruche à Paris également. Sa rencontre fut déterminante pour moi. En travaillant avec Roberto, j'ai découvert sa démarche artistique et je suis tombée « amoureuse » de ses dégradés, de ses formes voluptueuses qui m'ont embarquée dans un voyage qui ne s'arrête pas.

2/  QU'EST-CE QU'UN ARTISTE ?

C'est comme une puce... quelqu'un qui saute devant, derrière, de bas en haut, de gauche à droite, qui cherche, qui tombe, qui s'agrippe, se relève, qui trouve... en principe ! Bref, un être humain comme un autre !

3/  QU'EST-CE QUE L'ART ?

C'est ce qui permet à l'homme de s'ouvrir à l'autre, dans sa totalité et dans un langage qui est le sien. L’art est un langage universel quelle que soit sa matérialisation dans une œuvre : l’art doit déclencher une émotion ou transmettre un message qui sera lu , décrypté, interprété selon le parcours culturel de celui qui regarde.

Gilda Richet

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Alex KanevskyAlex Kanevsky : de la clarté à l’ombre et retour

texte de Jean-Paul Gavard-Perret

L’artiste américain Alex Kanevsky atteint une autonomie particulière dans la peinture du temps. Sans effets de mise en scène, sans attrape-nigauds inhérents à la figuration le peintre dévoile ce qu’il y a de plus secret dans l’être : son flot obscur auquel répond celui de l’œuvre, son désir sombre, son attente et une perpétuelle interrogation. Le spectateur se trouve placé devant ce qui ressemble à une peau dernière et la dernière image avant qu’une desquamation ait lieu. Chaque peinture  offre un plongeon dans le « trou » du tableau, dans le trou de mémoire.

De telles œuvres ne représentent jamais ce que Frank Stella nomme  «des mamelles qui gavent », elles offrent à l’inverse  une série de coupures dans et de l’image. D’où la hardiesse de ce travail autant impressionniste que proche d’un Goya. La peinture de Kanevsky décompose le corps avant de le reconstruire selon une figuration différente et parfois comme diffractée ou éclatée. Les classiques apparences picturales sont donc biaisées au profit d’une assomption inattendue : le regardeur glisse à l’intérieur de gouffres qui sommeillent (sur la toile et en lui) dans ce qui tient de la jouissance du regard mais aussi du vide, de la peur, de l’angoisse qu’il perçoit.

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Korehiko Hino Korehiko Hino peint des personnages jeunes plutôt androgynes : il n’est pas toujours facile de discerner s’il s’agît de garçons ou de filles. Le sexe demeure donc indéfini et les âges quoique d’aube sans marquage précis. L’œuvre prend un caractère féérique par le traitement du visage. La bouche et le nez restent « normaux ». Les yeux le seraient aussi sans leur aspect démesuré par rapport au réel. Ils se veulent selon l’artiste les « fenêtres de l’âme ». Ils portent sa lumière, sa couleur même si toujours selon l’artiste ils ne sont le signes ni d’émotions ou de pensées. C’est au regarder de « remplir de sens » de tels regards que l’artiste peint toujours d’une manière qu’il nomme « inexpressive ». Néanmoins il existe dans de telles saisies une réelle magie.

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Fabien Danesi Conférence-conversation sur le cinéma de Guy Debord avec Fabien Danesi et Fabrice Flahutez à la galerie VivoEquidem
le mercredi 30 mars 2011 à 20 h. Entrée dans la limite des places

"Les naufrageurs n'écrivent leur nom que sur l'eau"

Entre 1952 et 1978, Guy Debord réalise six œuvres cinématographiques. En 1994, peu avant sa mort, il y ajoute un film de télévision.
Dans sa critique de la société du spectacle, qui réduit la vie à une représentation, Guy Debord fait pleinement usage de l’image. Avec la pratique du détournement, le cinéaste révolutionnaire remet en cause le conditionnement social propre au capitalisme.

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{Vente art contemporain} {Art Paris}

Texte de Jean-Paul Gavard-Perret

Entre peinture, photographie, collage le tout dans un esprit surréaliste revisité Stéphanie Mackenzie remonte les éléments de la séduction féminine et Eve elle-même comme « objet » de (re)présentations afin de les modifier la vision par associations d’idées et d’images. Fidèle aux irréguliers de l’art proche de Warhol et de John Heartfied l’artiste instruit une critique radicale des messages apostoliques médiatiques par ses rituels iconoclastes nourris de lucidité et de farces dont les assemblages hybrides restent le point fort.

Tout procède par rapprochements intempestifs dans le pur esprit dada où le corps parfois se transforme directement sur la toile en manifestation d’une abstraction à la poésie visuelle active. Les messages « mythiques » où la femme est l’hameçon sont ironisés là où des objets du quotidien sont parfois réduits en reliques foudroyées mis en relation avec des portraits photographiques ou dessinés qui rappellent des traitements esthétiques là où la femme est prothèses.

(photo à droite Stephanie MacKenzie Mlle La Comtesse De Florence (Series) Utopia Land mixed media 115 x 165 cm)

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Isabelle Sobelman

Isabelle Sobelman : Bernard Lamarche-Vadel et le métier de survivre

Isabelle Sobelman, L’ami déclaré, Derrière la Salle de Bains, Rouen, 24 pages, 10 E., 2014.

Dans « A bruit secret » Bernard Lamarche-Vadel écrivait “Si je n’ai jamais eu l’idée saugrenue faussement provocante, à forte teneur en pathologie maniaque et narcissique d’écrire pour la postérité, par contre, oui, j’écris pour ma postérité, par moi nommée Charlotte Salomon, Kurt Schwitters, Emil Nolde, Joseph Beuys et Franc Marc”, nommée aussi Isabelle Sobelman qui - avec Dominique Bourgois, Olvier Kaeppelin, Paul Haim, Philippe Sollers, Bettina Rheims - fut une de ses proches avant qu’il mette fin à ses jours d’un coup de fusil. La douleur (que l’écrivain cachait sous l’impeccabilité) n’était plus supportable. L’acte était prévisible – presque « attendu » - mais laissa Isabelle Sobelman démunie.

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Michel SedanMichel Sedan et les inavouables maîtresses par Jean-Paul Gavard-Perret
 
Michel Sedan, « Naïades, néreïdes : insolentes, troublantes splendeurs de l’ombre »,
Editions JB (Jörg Brockmann), Carouge.


Après une exposition du travail de Michel Sedan à l’Espace des Eaux-Vives à Genève, Jörg Brockmann a eu l’idée de créer un coffret qui permet à la fois au collectionneur d’acquérir un tirage original et le contexte général dans lequel elle s’inscrit. L’ouvrage est d’une qualité rare. Il permet de donner à Michel Sedan - photographe de mode – le titre  de photographe artiste du même calibre qu’un Avedon par exemple.

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{Vente art contemporain} {Art Paris}Jack Polart : fragiles verticales par Jean-Paul Gavard-Perret

Dans les photographies de Jack Polart la lumière courbe l’articulé, le transporte vers une certaine idée de la transparence. L’averse des les verticales et horizontales  zébrées donnent aux poitrines et aux jambes et jusqu’aux gorges qu’on dit chaudes un caractère particulier. Elles nous séparent d’elles comme de New-York. Il y a tout  un cloaque des formes. Comme à la surface de l'eau en coule un miroitement perpétuel de reflets, de traces indicibles.

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Jackie Machat Interviews nocturnes Chinées sur les quais à Paris mTexte de Jean-Paul Gavard-Perret

 

Le collage est le fondement technique de la création chez Jackie Macha. Elle lui sert - hors de postures prétentieuses dont se drapent tant de créateurs ou qui se prennent pour tels  -  de dérouler le fil de ses narrations où l’intime avance masqué. L’artiste n’opère pas à cœur ouvert. Elle n’a pas du sang sur les mains mais uniquement de la colle. Privilège d’une technique  qui peut tout dévoiler par tout ce qui recouvre. L’artiste se trouve à l’aise dans un tel jeu. Il correspond en outre à son sentiment solaire de la vie et de l’art.

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Gilda Richet Gilda Richet : la lutte contre la surface par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Gilda Richet décompose le géométrisme fixe pour donner à son univers – comme au notre – plus de légèreté. Si bien que la surface plate est dépassée : elle devient  épaisseur diaphane et temps soulevé. Chaque toile ressemble à  un aquarium d’air. L’acte de peindre représente un étirement dans l’espace là où se crée la débandade des horizons afin de montrer les confins où s’amorcent la fragilité d’une danse. Tout bascule, s’échappe, s’envole. Néanmoins chaque œuvre tient parfaitement en équilibre dans  les suspens et les glissements de "niveaux".

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JAUME PLENSAPLENSA ET LE RETOUR DU TRAGIQUE

 Jaume Plensa, «Lilliput », texte de Jean Frémon  Galerie Lelong, Paris, 2013, 56 pages, 15 Euros.

 Jean Frémon fidèle à son acuité critique donne aux sculptures nouvelles de Jaume Plensa leur juste importance. Né en 1955 à Barcelone Plensa y vit et travaille après de longs séjours dans divers lieux européens :  Berlin, Bruxelles, Fondation Henry Moore en Angleterre ou encore à l’atelier Calder à Saché. Il s’est rendu célèbre dès le début des années 1980 par de grandes formes simples en fonte ainsi que d’immenses tableaux conçus par une hybridation de matières.  Son oeuvre a suivi plusieurs étapes. Il a utilisé  le fer forgé auquel il incorporait des matériaux de récupération. En 1986, il réalise une série de sculptures en fer dans la plus pure des  traditions que « Lilliput » reprend aujourd’hui. Mais avant ce retour il a abandonné pour un temps la figuration, à laquelle il est revient avec force et dans laquelle il incorpore également à sa sculpture des textes, des poésies ou des phrases.

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Capitalisme Désir et Servitude par Frédéric Lordon« Les paysages affectifs du capitalisme contemporain »
Galerie VivoEquidem,
113, rue du Cherche-Midi 75006 Paris.

Tel. : 01 83 97 22 56  
www.vivoequidem.net
Dans le cadre de ses conférences/entretiens, la galerie VivoEquidem reçoit le vendredi 22 février Frédéric Lordon, économiste. Il s’entretiendra avec Fabien Danesi, historien de l’art et spécialiste de Guy Debord. L'art et la société capitaliste seront au programme de cette soirée.

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{Vente art contemporain} {Art Paris}

 

« Les paysages affectifs du capitalisme contemporain »
Galerie VivoEquidem,
113, rue du Cherche-Midi 75006 Paris.

Tel. : 01 83 97 22 56  
www.vivoequidem.net
Dans le cadre de ses conférences/entretiens, la galerie VivoEquidem reçoit le vendredi 22 février Frédéric Lordon, économiste. Il s’entretiendra avec Fabien Danesi, historien de l’art et spécialiste de Guy Debord. L'art et la société capitaliste seront au programme de cette soirée.

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Joëlle Flumet - Bite, cul, nichons et chatte - Editions Ripopée, 112 p., Nyon, CHF 12, 2012 QUAND LE GRUYERE N’EST PLUS SOUS CLOCHE texte par Jean-Paul Gavard-Perret

Joëlle Flumet, "Bite, cul, nichons et chatte", Editions Ripopée, 112 p., Nyon, CHF 12, 2012

Joëlle Flumet, "C'est bon de ne pas regarder à la dépense", Coll. Sonar, Ed. Art et Fiction, 32 p., coll. Sonar, Art et Fiction, Lausanne, CHF 29, 2012


Après s’être posé la question «  qu'est-ce que je vois encore avec les yeux qu'on m'a donnés et avec les mains. Je saisis quoi ? » Joëlle Flumet met à mal ce qu’on a coutume d’appeler la neutralité helvétique. L’artiste genevoise n’est pas de celles qui se contentent d’écouter  ce que disent les fleurs – si ce n’est celle de son secret…

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Daniel Dezeuze Eros Semi Courtois Editions Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2012DEZEUZE : EROS ET L’ABSTRACTION par Jean-Paul Gavard-Perret 
Daniel Dezeuze, “Eros Semi Courtois", Editions Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2012, 24 pages, 240 Euros.

Le grand mérite de la peinture de l’œuvre de Dezeuze  est de sans refuser l’unité structurale d’un cheminement de ne pas s’enfermer de l’unité d’un seul système où d’ailleurs ont voulu l’enfermer. Dès lors sa peinture procède pas sauts mais jamais au hasard. Et paradoxalement pour comprendre une telle propension il faut repartir d’un anté-abstracteur : Cézanne lorsqu’il affirmait “ si pour boucher des blancs je mettais quelque chose au hasard je serai forcé de reprendre tout mon tableau en partant de cet endroit ”. Toute l’histoire de Dezeuze et de ses ouvertures est là : chaque ligne ou plage crée une énergie spatialisante  de nombreux trajets. Tous participent d’un rythme particulier : durée et simultanéité n’y font qu’un dans la genèse perpétuelle de l’espace.

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{Vente art contemporain} {Art Paris}Texte de Jean-Paul Gavard-Perret

Si Gala n’est que l’obsession fantastique de Salvador, les individus en chair et en os font partie de la création de Dali. Il s’affirme même parfois sauveur de l’humanité (même si la salvatrice Gala sauve ce sauveur…) et il précise, qu’à ce titre, il n’est pas plus honnête de se recommander de la médiocrité que de se présenter comme un génie. L’essentiel reste ce que la peintre à su créer : donner aux impulsions et aux désirs sexuels quelque chose de comestible.

En ce sens il est le plus fidèle (bien plus que Breton) à la leçon de Freud lorsqu’il affirme que le premier instrument philosophique est la prise de conscience « par les mâchoires ». Le peintre a d’ailleurs proclamé sa dette aux « grandes vérités » (je cite) de Freud qui lui-même se sentit plus attiré par le Catalan que par le pape du surréalisme. Ce dernier a pourtant tout fait pour séduire le père de psychanalyse : en retour il ne se fendit que d’une piètre lettre politesse que Breton s’empressa pourtant de publier dans les « Vases communicants » de sa fosse d’  aisance…

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Sebastien Lecca Nous avons demandé au créateur Sébastien Lecca de nous donner quelques pistes de compréhension de son concept symbolique du fœtus.
Voici mes réflexions au sujet de la question sur les origines en lien avec mon projet où je propage sur plusieurs supports artistiques le symbole d'un fœtus.

En quelques mots ce projet vise en "la multiplication pluridisciplinaire du symbole d'un fœtus.

 Il invite chacun à se poser la question "D'où venons-nous ? Que faisons-nous ? Où allons-nous ?".

(Titre célèbre d'une œuvre de Gauguin)

Mon projet se fonde sur 2 sources...que je développe à la suite, je pourrais les résumer ainsi :

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{Vente art contemporain} {Art Paris}

 

 

Le groupe de recherche MnemoArt, fondé par Tamara Landau et Jean-Pierre Landau, se propose de penser l’art et la psychanalyse en relation avec la science, comme une écriture contre l’oubli. MnemoArt fonde son action en produisant des événements artistiques éphémères créés par des psychanalystes-artistes autour de réflexions sur l’acte de (pro)création, la mémoire, le temps et la trace. Ces actes poétiques créent une transmission inédite de concepts psychanalytiques à travers la figuration plastique sous toutes ses formes (peinture, sculpture, vidéo, photos et installations) et des perfomances poético-musicales qui font la singularité du mouvement MnemoArt.

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ENSEMBLE DE LJean-Pierre Luminet (texte), Vladimir Skoda, « Cercles noirs Couronnes lumineuses », Collection Liber, Editions m é r i d i a n e s, 14 rue Aristide Ollivier, 34000 Montpellier.

Mettant en scène le cosmique dans ce qu’il a de plus noir, Skoda rend paradoxalement la peinture intime. En celle-ci il accorde à la douleur ce qui lui faut pour être mais pas plus. Il ne cherche jamais à lui faire trop honneur. Pour le peintre – et le texte de Luminet à la fois poétique et savant en fait écho - il ne faut pas que souffrir pour exister sinon à croire à l’éternité. On est hors de toujours et de jamais. Il faut en rester là. Par la patience de la patience. Otages. Otages irremplaçables. Dans la passivité au nom d’un événement non du passé mais immémorial. Vécu dans le présent comme revenant au sein de l’immensité.

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{Vente art contemporain} {Art Paris}

 

MYSTICA PERDITA : BERNARD DUFOUR par Jean-Paul Gavard-Perret

Bernard Dufour, Martine,  Editions Chez Higgins, coll. Erotica, Paris.


Noir. Noir de l’absence originelle ou de l’abîme universel. Blanc. Blanc de la nuit sexuelle qui n’a su renoncer à son empire d’assourdissement, à son désir d’engloutissement. Pour le dire - ou plutôt pour le montrer Bernard Dufour ne cherche jamais l'émotion  pseudo évocatrice du souvenir mais la force de l'instant, de l'instantané. C'est lui dans ses mises en scène à qui il est demandé de recomposer l'histoire. Ou des histoires.

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CORPS ACCORDS

Catherine Millet, "D'Art-Press à Catherine Millet", Gallimard,
"Le Corps exposé", Editions Nouvelles Cécile Defaut.

L ‘approche du « Corps Exposé se poursuit et se complète par « D’Art-Press à Catherine M » à travers  un récit de vie sous forme d’entretien. Catherine Millet explore un monde subjectif où la connaissance se construit sur l'expérience  personnelle acquise par son histoire intime et ses connaissances esthétiques. Il n'est pas question  ici d'élaborer de grandes théories philosophiques,  psychanalytiques ou esthétiques. Mais le livre permet lui aussi d’envisager corps, le masculin et féminin  inter-reliés et co-dépendants. Le corps, le symbolisme et l'action littéraire  participent chez Catherine Millet de la même sacralisation de la  vie. Et toute son œuvre tente de percer ce mystère dans un processus d’analyse de l'objet d'art et d’exposition littéraire corps qui place son travail très haut et bien au delà du scandale qu’il a pu générer.

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Johanna Diehl Borgo FazioJohanna Diehl, « Displace », Galerie Wilma Tolksdorf, Berlin, 2011.

Johanna Diehl est une des photographes les plus intéressantes de sa génération. Elle a fait sa première exposition solo à la Galerie Wilma Tolksdorf de Berlin où elle a présenté des oeuvres tirées de sa série "Displace". Le livre tiré de cette exposition vient de paraître. Cette série montre le vide plus que le plein au sein de lieux de culte désaffectés : mosquées ou églises en ruines. Cette série a été réalisée en 2008 et 2009. La photographe allemande était à Chypre pour un projet de la « German Academic Exchange Service ». Ces œuvres racontent l’histoire du conflit qui depuis 35 a divisé l’île et sa capitale Nicosie en deux parties. Même si la frontière a été récemment ouverte, les deux côtés de l’île gardent les traces de décades du conflit : villages abandonnés, maisons détruites, lieux de cultes où traînent encore parfois des tapis de prière.

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Natasha Krenbol La loi du tricheur acrylique sur toile 38 x 46 cm

DU DERISOIRE A LA GRAVITE : NATASHA KRENBOL

Natasha Krenbol, "Esprits Animaux », Orangerie, Domaine du Château, 26760 Montéléger, du 2 au 24  Juillet 2011.

Les créatures de Natasha Krenbol semblent détachées du monde : graffitées et maculées elles traversent les cultures pour retourner à une sorte de force première, primitive qui évite à l’art de tourner bien huilé sur ses gonds. Silhouettes d’hommes et d’animaux entrent dans un étrange ballet faussement sommaire. Par la convergence, la mixité du bestial et de l’humain l’artiste devient la plus étrange des derviches « tourneuses » . Ses figures tutélaires se confrontent à la trace brûlante d’un  graphisme iconoclaste.

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NOIRE SŒUR
JO VARGAS ou le silence Habité des images
« Jo Vargas » par Hugo Lacroix, coll. “Les Irréguliers”, Editions de la Différence, Paris.

Les portraits de Jo Vargas semblent parfois des visages marqués de veines noires  pour arracher aux corps son marbre. Ces visages sont beaux à voir. Leur regard grave fait signe. Chacun de nous est proche de l’un d'eux. L’artiste est proche ainsi d'elle-même. Pourtant dans tous ces assemblages on se demande encore qui est proche de qui.  Eurydice peut-être. On ne sait pas. Lumière sur des traces de cendres. Seul le feu peut les lire.

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SANS TICS NI TOCS par Jean-Paul Gavard-Perret

Miss Van, « Twingles », galerie Magda Danysz, Paris 11ème, 19 mars, 30 avril.

Née en 1973 à Toulouse Miss Van (Vanessa Alice Bensimon) se fit d’abord connaître comme taggeuse des murs de la ville rose. Issue du mouvement du graffiti,  elle a donc choisi la rue comme lieu d'exposition permanent. De façon exceptionnelle, elle expose en galerie ses poupées qui furent d’abord des autoportraits sublimés : « Le graffiti a un côté très mégalomane, à la place d'écrire mon nom, je me représentais sous les traits de mes poupées. J'avais un vrai besoin de marquer mon identité, peut-être parce que j'ai une sœur jumelle et qu'il fallait que je me démarque." précisait-elle.

 

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